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Les aidants

Vous n'êtes pas seuls

La fatigue, la culpabilité, l'isolement : tout cela est légitime. Et il existe des solutions.

Vous accompagnez un conjoint, un parent, un frère, une sœur, un ami. Vous tenez, souvent sans le dire. Cette page est faite pour vous.

Être aidant, ce n'est pas un statut que l'on choisit : c'est une place que l'on prend, un jour, parce qu'il faut bien. Et personne ne nous apprend à la tenir.

Prendre soin de vous n'est pas de l'égoïsme. C'est ce qui vous permet de continuer.

Ce que vous traversez

Rien de ce qui suit n'est un défaut de caractère. Ce sont des réactions normales à une situation qui ne l'est pas.

La fatigue

Une fatigue qui ne se répare pas avec une nuit de sommeil. Vigilance permanente, nuits hachées, charge mentale continue. Elle s'installe lentement : c'est ce qui la rend dangereuse.

La culpabilité

S'être énervé. Avoir eu envie de partir. Avoir pensé à un hébergement. S'être senti soulagé un après-midi sans lui, sans elle. Rien de tout cela ne fait de vous un mauvais aidant.

L'isolement

Les amis qui s'éloignent, la famille qui ne comprend pas, les invitations que l'on refuse. On finit par ne plus rien raconter, parce qu'expliquer nous demande tellement d'énergie.

Les démarches

MDPH, APA, protection juridique, mutuelle, employeur… Des dossiers qui s'empilent au moment précis où l'on a le moins de disponibilité mentale.

Le deuil blanc

La personne est là, et pourtant vous avez déjà perdu quelque chose : une complicité, des conversations, un projet de vie. Ce chagrin-là est réel, même si la personne est toujours la.

Le besoin de souffler

Souffler n'est pas abandonner. Une heure, une matinée, un week-end : ces respirations conditionnent votre capacité à tenir dans la durée.

Les signaux qui doivent vous alerter

Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces points, parlez-en à votre médecin traitant. L'épuisement de l'aidant est une réalité médicale reconnue.

  • Vous dormez mal depuis plusieurs semaines, ou vous vous réveillez déjà fatigué.
  • Vous avez renoncé à vos propres rendez-vous médicaux.
  • Vous vous emportez pour des broutilles, puis vous vous en voulez.
  • Vous ne voyez plus personne en dehors du cercle du soin.
  • Vous avez perdu ou pris beaucoup de poids sans le vouloir.
  • Vous n'avez plus de plaisir à rien, même à ce que vous aimiez.
  • Vous vous surprenez à penser que « ça ne finira jamais ».

Si vous vous sentez au bout, ne restez pas seul avec ça. Parlez-en à votre médecin, à un proche de confiance, ou écrivez-nous. En cas de détresse importante, le 3114 (numéro national de prévention du suicide) répond gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7.

Quelques repères pour tenir

  • Acceptez l'aide qu'on vous propose, même petite, même maladroite. Et osez demander précisément : « peux-tu venir samedi de 14 h à 17 h ? » fonctionne mieux que « si tu peux passer ».
  • Gardez une chose à vous. Une marche, un cours, un ami, une heure par semaine. Notez-la dans l'agenda comme un rendez-vous médical : elle en est un.
  • Anticipez sans vous précipiter. Les démarches juridiques et financières sont plus simples tant que la personne peut encore exprimer ses volontés.
  • Ne portez pas seul l'information. Expliquer la maladie à la famille, aux enfants, aux voisins peut se faire à plusieurs — nous pouvons vous y aider.
  • Renoncez à la perfection. Un repas simple, une journée sans activité, une télé allumée : rien de tout cela ne fait de vous un mauvais aidant.