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Comprendre

comprendre les différentes formes de DFT

Quelles sont les 3 formes de DFT ?

La DFT peut notamment se manifester par 3 formes langagières : l'APP non fluente/ agrammatique, la démence sémantique et l'APP logopénique, chacune touchant le langage de manière différente .

C'est une situation particulièrement déroutante pour l'entourage : la personne «va bien» en apparence, comprend beaucoup de choses, et pourtant ne parvient plus à dire ce qu'elle veut dire. L'intelligence n'est pas en cause. C'est l'accès aux mots qui est abîmé.

Quand les mots s'effacent, la personne reste entière.

Les trois formes

Le neurologue et l'orthophoniste précisent la forme, car elle oriente l'accompagnement.

Forme non fluente

APP non fluente / agrammatique

La parole devient laborieuse : la personne doit faire un effort pour articuler, les phrases se raccourcissent, les petits mots (le, de, à) disparaissent. La compréhension des mots isolés reste bonne, mais les phrases longues et complexes deviennent difficiles.

Forme sémantique

Démence sémantique

La parole reste fluide, mais le sens des mots se perd. La personne demande « c'est quoi, une fourchette ? », ne reconnaît plus certains objets, remplace les mots précis par des mots vagues (« le truc », « la chose »).

Forme logopénique

APP logopénique

Le débit est marqué par des pauses : la personne cherche ses mots en pleine phrase, a du mal à répéter des phrases longues. Cette forme est souvent associée à une pathologie de type Alzheimer.

Les difficultés du quotidien

Au-delà du diagnostic, ce sont mille petites choses qui deviennent compliquées :

  • répondre au téléphone, où l'on ne voit ni le visage ni les gestes ;
  • commander au restaurant, faire une course, demander un renseignement ;
  • suivre une conversation à plusieurs, surtout dans le bruit ;
  • lire une notice, remplir un formulaire, comprendre un courrier administratif ;
  • expliquer ce que l'on ressent, y compris une douleur ;
  • et, très souvent, le regard des autres : on est pris pour quelqu'un de distrait, de sourd, ou pire.

Une idée simple et efficace : une carte de poche indiquant « Je suis atteint d'une aphasie. Je comprends, mais j'ai du mal à parler. Merci de me laisser le temps. » Elle évite bien des malentendus au guichet ou en magasin. Nous pouvons vous en fournir : écrivez-nous.

Au quotidien

Conseils de communication

Ces conseils viennent des orthophonistes et des familles. Aucun n'est une règle absolue : gardez ce qui fonctionne chez vous.

À faire

  • Se placer face à la personne, capter son regard avant de parler.
  • Parler lentement, avec des phrases courtes, une idée à la fois.
  • Laisser du temps — beaucoup plus de temps qu'on ne le croit.
  • Poser des questions fermées : « tu veux du thé ? » plutôt que « qu'est-ce que tu veux boire ? ».
  • S'appuyer sur l'écrit, les images, les photos, les gestes, le pointage.
  • Confirmer ce qu'on a compris : « tu veux dire… c'est ça ? ».
  • Réduire le bruit de fond : télévision éteinte, une seule conversation.
  • Continuer à s'adresser à la personne, pas à son accompagnant.

À éviter

  • Terminer systématiquement ses phrases à sa place.
  • Corriger chaque erreur : l'échange compte plus que la forme.
  • Parler d'elle à la troisième personne devant elle.
  • Hausser le ton : ce n'est pas un problème d'audition.
  • Enchaîner plusieurs questions d'affilée.
  • Faire semblant d'avoir compris — mieux vaut redemander autrement.
  • La faire « travailler » en permanence : la maison n'est pas un cabinet.

Le rôle de l'orthophoniste

L'orthophonie est le soin central de la DFT . Elle ne guérit pas la maladie, mais elle change la vie quotidienne. Le suivi vise à :

  • maintenir le plus longtemps possible les capacités de langage encore présentes ;
  • mettre en place des moyens de communication alternatifs : carnet de communication, photos, pictogrammes, tablette, applications dédiées ;
  • former l'entourage — les proches sont des partenaires de communication à part entière ;
  • surveiller la déglutition lorsque cela devient nécessaire.

En pratique : la prise en charge orthophonique nécessite une prescription médicale (médecin traitant ou neurologue) et est remboursée par l'Assurance Maladie. Dans le cadre d'une affection de longue durée (ALD), la prise en charge est généralement à 100 % du tarif de base.

Les délais peuvent être longs : n'attendez pas d'être « sûr » pour appeler. Et si vous ne trouvez pas de professionnel, dites-le-nous — nous constituons un réseau d'orthophonistes sensibilisés à DFT dans le Loiret.